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Réflexions sur l’universalité des Droits de l’Homme — L’universel selon les Anciens et les Modernes / THE UNIVERSAL ACCORDING TO ANCIENT AND MODERN — REFLECTIONS ON THE UNIVERSALITY OF HUMAN RIGHTS

Réflexions sur l’universalité  des Droits de l’Homme — L’universel selon les Anciens  et les Modernes / THE UNIVERSAL ACCORDING TO ANCIENT AND MODERN  —  REFLECTIONS ON THE UNIVERSALITY OF HUMAN RIGHTS
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L’universel selon les Anciens  et les Modernes

Réflexions sur l’universalité des Droits de l’Homme

 

Note : you can find the Eng­lish ver­sion of this text below.

Prof. Philib­ert Secretan

 

Les Anciens.

Qu’en est-il de l’universalité des Droits de l’homme ?

La « catholic­ité » prise en son sens premier.

Pour une tra­di­tion créatrice.

 

Les Anciens.

La querelle des uni­ver­saux est un moment clas­sique de la sco­las­tique médié­vale, qui néces­saire­ment fait référence à la tra­di­tion grecque. Querelle sig­ni­fie ici : désac­cord sur la ques­tion de savoir si « Homme » en général, pris univer­sellement, est une Idée sub­sis­tante (Pla­ton) ou un con­cept for­mé par l’intellect capa­ble d’abstraction et de géné­ralisation (Aris­tote), ou sim­ple­ment un terme, un mot, soit une posi­tion qui d’une cer­taine façon remonte au stoï­cisme. Idéal­isme, con­cep­tu­al­isme et nom­i­nal­isme se sont ain­si partagé les répons­es pos­si­bles à la ques­tion des Universaux.

Lorsqu’il est ques­tion d’êtres : l’Homme, les hommes ou tel homme, on voit que les posi­tions, loin de s’exclure, se com­plè­tent. Il est vrai que l’Humanité est d’une cer­taine manière une Idée, que les hommes en général sont un con­cept, et que la réal­ité de l’homme est don­née avec chaque indi­vidu particulier.

Mais qu’en est-il lorsqu’est-il, lorsqu’il ne s’agit plus d’êtres, mais de valeurs et de qual­ités ? qu’en est-il du Bien ? Existe-t-il en soi, ou n’y a‑t-il que des choses générale­ment bonnes à manger, bonnes pour la san­té, bonnes à faire, à ramass­er dans le con­cept du bon­um,du bien. Ou encore : cha­cun a‑t-il son bien à lui, et « le bien en général » n’est-il qu’un mot à la fois utile et trompeur ?

Lorsque Wittgen­stein affirme que le monde se lim­ite à ce que je puis en dire,le nom­i­nal­isme touche à son comble. Lorsqu’on fait de la Démoc­ra­tie un absolu (hors de la démoc­ra­tie, pas de salut) on est en plein idéal­isme. Le réal­isme peut touch­er au cynisme lorsqu’il est décon­nec­té d’un uni­ver­sal­isme qui se réfère tant à l’univers géogra­phique et his­torique qu’à l’originalité des divers peu­ples qui habitent la terre.

*

L’universel subit-il une même tri­an­gu­la­tion en Idée, con­cept et nom ? « Uni­versel » peut avoir de sens idéal ou con­ceptuel, mais ne peut s’appliquer sans con­tra­dic­tion au par­ti­c­uli­er. Il sem­ble donc préférable de dis­tinguer entre l’universel « abstrait » et l’universel « concret ».

Est abstraite­ment uni­versel ce qui vaut idéale­ment et en principe pour tous, ou qui vaut pour tous et qui s’impose à tous. Est con­crète­ment uni­versel ce qui est effec­tive­ment le cas pour tous, dans l’espace du monde et dans le temps de l’histoire. L’universel ne se con­fond donc pas avec une total­ité actuelle­ment nom­brable capa­ble de cer­tains actes, comme le serait le suf­frage uni­versel ; ni au fait de la général­ité, par exem­ple la sex­u­al­ité de tous les « animaux »

là encore, une analyse plus fine mon­tr­erait l’écart en la général­ité comme total­ité hors excep­tion, et une géné­ralité comme ensem­ble de faits liés au genre.

Qu’en est-il de l’universalité des Droits de l’homme ?

Com­mençons par dénon­cer une con­fu­sion con­stante et grave. Ce dont il est ques­tion se divise en deux problèmes :

  1. a) L’universalité de la déc­la­ra­tion des Droits de l’homme et b) l’universalité des droits proclamés.

En quel sens s’agit.il d’une déc­la­ra­tion « uni­verselle ». Au sens où elle émane d’une source de droit — une Répu­blique — qui, prenant elle-même sa source dans une Rai­son déployée en un « ordre uni­versel » (en oikumènè dis­aient les stoï­ciens), s’attribue une valid­ité et une com­pé­tence uni­verselle. On passé d’une République par­ti­c­ulière à une Organ­i­sa­tion qui se dit et se veut uni­verselle, et ain­si du Citoyen à l’Homme. On a passé de la Déc­la­ra­tion uni­verselle d’abord une Assem­blée nationale puis des Nations-Unies — qui ont voca­tion à « fig­ur­er » une République uni­verselle. Mais cette uni­ver­sal­ité de principe de la Déc­la­ra­tion se réper­cute-t-elle sur les droits de l’homme ?

« Procla­ma­tion uni­verselle » dit en sub­stance que les droits de l’homme doivent être recon­nus et respec­tés par tous, États et Indi­vidus. Mais la procla­ma­tion a beau être uni­verselle, elle n’équivaut jamais à une insti­tu­tion de ces Droits. Les droits de l’homme sont des droits naturels, des droits relat­ifs à l’humanité de l’homme. Mais en quel sens sont-ce des droits ?

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Il ne suf­fit pas de dire que ce sont des droits innés et non pas créés ; qu’ils deman­dent à être incon­di­tion­nelle­ment recon­nuspour qu’une com­mu­nauté humaine se crée et prenne con­science des con­di­tions de sa durée.

Or, il faut bien voir que si la recon­nais­sance est con­sti­tu­tive de la com­mu­nauté, c’est que cha­cun est recon­nu comme ayant besoin d’être pro­tégé de l’autre. Homo homi­ni lupus. C’est de cet état de nature — de sec­onde nature, dirait Pas­cal — qu’est né le droit naturel, et c’est cette recon­nais­sance pro­tec­trice qui peut et doit être cod­i­fiée pour que naisse un droit issu d’un effec­tif état de nature. Il sera cod­i­fié par la cou­tume, puis pré­cisé­ment par le législateur.

Durable dans sa tra­di­tion ou cod­i­fié au sens strict du terme, le droit naturel est d’abord un réseau uni­versel de pro­tec­tions qui relèvent d’un droit d’être avant que l’on par­le d’un droit de faire.Pour abor­der les droits de l’homme comme tels, il faut donc aban­don­ner l’image de citoyen du monde ; il faut pass­er de la recon­nais­sance des droits au droit comme recon­nais­sance ; il faut enfin pass­er par l’idée du droit pro­tecteur pour pro­gress­er vers l’idée d’une dimen­sion spir­ituelle de l’universalité, soit une forme pre­mière de la « catholic­ité » sans doute réas­so­ciée à l’oikumènè des stoïciens.

La « catholicité » prise en son sens premier.

Kata holon, à tra­vers tout : voilà qui fait référence au souf­fle de l’esprit. Ce « souf­fle », je le retrou­ve dans le terme « inspi­ra­tion ». Il n’y a d’humanité que là où souf­fle un même esprit, et on peut dire que les « droits de l’homme » ou le fameux « droit d’être un homme » (Jeanne Her­sch), ne seront effec­tive­ment uni­versels que lorsqu’ils seront pro­clamés par toutes les reli­gions en tant que man­dataires de l’Esprit.

Les États sont des œuvres de la rai­son, et la rai­son seule retombera tou­jours sur la tri­par­ti­tion qui ani­me et struc­ture la querelle des uni­ver­saux : l’idée d’une unique Total­ité englobante ; le con­cept du Citoyen pen­sé en dehors des par­tic­u­lar­ités régionales et indi­vidu­elles ; l’homme sub­limé dans sa par­tic­u­lar­ité sin­gulière, à la lim­ite anar­chiste. En revanche, cette « catholic­ité » va respecter ces trois aspects de l’homme sans les oppos­er dans divers sys­tèmes de pen­sée. C’est ain­si qu’Aristote, en pré­con­isant un État simul­tané­ment monar­chique dans son autorité, aris­to­cra­tique dans son admin­is­tra­tion, et démoc­ra­tique dans son appli­ca­tion, songe à ce que peut être une poli­tique inspirée. Là dirons-nous les droits de l’homme sont réel­lement respectables.

La Déc­la­ra­tion des droits de l’homme ne peut que solen­nis­er la recon­nais­sance de l’existence des droits de l’homme ; elle n’a rien insti­tué, mais elle a con­crète­ment favorisé la créa­tion de con­di­tions matérielles et morales, néces­saires et insuff­isantes, pour que des droits, incon­nus faute de moyen pour les exercer, soient révélés. Telle est la noblesse de l’humanitaire qui s’est organ­isé dans le sil­lage de la Déc­la­ra­tion des Droits de l’homme, mais qui puise ses forces ailleurs.

Pour une tradition créatrice.

L’universel n’est ni l’Un qui nie l’Autre, ni le tout qui sac­ri­fie le par­ti­c­uli­er : c’est l’unus ver­sus alia, et c’est ce ver­sus qui sou tend une théorie et une pra­tique des droits recon­nus et des devoirs assumés.

L’universel est tout ensem­ble trois choses : l’unique d’une même archè et d’un même télos, un con­cept qui per­met d’assigner un temps et un espace à une caté­gorie d’être, ce qui per­met à l’individu d’à la fois s’isoler et ne pas se pren­dre pour seul de son espèce.

L’universalité des droits doit être un uni­versel con­cret et non pas un uni­versel abstrait. Ce n’est que dans la con­cré­tude du temps et de l’espace que ce droit peut avoir une valid­ité appelée uni­verselle. Non pas par ce qu’il sera impéra­tive­ment appliqué partout et en tout temps, mais par ce que dans l’espace du monde et dans le temps de l’histoire des hommes, des femmes réu­nies en commu­nautés croy­antes et agis­santes auront appris qu’ils, qu’elles ont droit à la san­té, droit à l’éducation, droit au droit. Or c’est ici que la Tra­di­tion joue un rôle capital.

L’accession à ce « savoir » n’est pas affaire de Sci­ence et de Pro­grès, mais de respect des « tra­di­tions » en tant que modal­ités uni­verselles et con­crètes de la trans­mis­sion des recettes de san­té, de méth­odes d’éducation, d’habituation au droit : aux droits et aux devoirs.

 

Le Pro­grès relève de l’universel abstrait, les tra­di­tions relèvent de l’universel con­cret et de con­quêtes exem­plaires, alors qu’on en a fait le refuge des passés révo­lus. Le respect des droits de l’homme passe par le respect des tra­di­tions vivantes, à la fois por­teuses de mémoire et bous­soles irremplaçables.

Hélas, il est pra­tique­ment impos­si­ble aujourd’hui de par­ler de tra­di­tion sans créer querelles et incom­préhen­sions. On le sait : le traite­ment tra­di­tion­nel de la femme en Ori­ent, pour ne pren­dre que cet exem­ple fla­grant, est trop sou­vent igno­ble et tra­di­tion­nel. L’excision des filles est igno­ble et tra­di­tion­nelle et n’a rien de com­mun avec la cir­con­ci­sion juive. On ne saurait l’invoquer, ni quelque « révéla­tion » que ce soit pour con­tester le droit de la femme de se penser tou­jours comme un sujet et jamais comme un objet. Ce principe human­iste, bien que for­mulé par Kant, philosophe européen, écrivant dans une langue par­ti­c­ulière, n’en a pas moins une valid­ité uni­verselle. D’autre part, la tradi­tionnelle hos­pi­tal­ité ori­en­tale n’est-elle pas la tra­duc­tion locale d’un principe plus uni­versel d’amitié protectrice ?

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Le soubasse­ment religieux de cet état de choses en Ori­ent est évi­dent. Mais est-il déter­mi­nant ? C’est devant cette inter­ro­ga­tion qu’il est urgent que toutes les reli­gions retrou­vent ensem­ble le souf­fle de l’inspiration purifi­ca­trice des tradi­tions cor­rompues, pour ain­si assur­er aux Droits de l’Homme leur assise et pour en rat­tach­er la déc­la­ra­tion à un Human­isme uni­versel, œcuménique : au ser­vice de l’Homme — homme et femme — et à la gloire de Dieu.


 

THE UNIVERSAL ACCORDING TO ANCIENT AND MODERN

REFLECTIONS ON THE UNIVERSALITY OF HUMAN RIGHTS

Prof. Philib­ert Secretan

The Ancients.

What about the uni­ver­sal­i­ty of human rights?

Catholic­i­ty” in its first sense.

For a cre­ative tradition.

 

THE OLD ONES.

The uni­ver­sal quar­rel is a clas­sic moment in medieval scholas­ti­cism, which nec­es­sar­i­ly refers to the Greek tra­di­tion. Quar­rel here means: dis­agree­ment on the ques­tion of whether “Man” in gen­er­al, tak­en uni­ver­sal­ly, is a remain­ing Idea (Pla­to) or a con­cept formed by the intel­lect capa­ble of abstrac­tion and gen­er­al­iza­tion (Aris­to­tle), or sim­ply a term, a word, or a posi­tion that in some way dates back to sto­icism. Ide­al­ism, con­cep­tu­al­ism and nom­i­nal­ism thus shared the pos­si­ble answers to the ques­tion of the Universe.

When it comes to beings: Man, men or such a man, we see that the posi­tions, far from exclud­ing each oth­er, com­ple­ment each oth­er. It is true that Human­i­ty is in a way an Idea, that men in gen­er­al are a con­cept, and that the real­i­ty of man is giv­en with each par­tic­u­lar individual.

But what about when it is no longer a ques­tion of beings, but of val­ues and qual­i­ties? what about the Good? Is there in itself, or are there only things that are gen­er­al­ly good to eat, good for your health, good to do, good to pick up in the con­cept of the bon­um, the good. Or again: does every­one have their own prop­er­ty, and is “the good in gen­er­al” only a use­ful and mis­lead­ing word?

When Wittgen­stein says that the world is lim­it­ed to what I can say, nom­i­nal­ism is at its height. When we make Democ­ra­cy an absolute (out of democ­ra­cy, no sal­va­tion) we are in full ide­al­ism. Real­ism can touch cyn­i­cism when it is dis­con­nect­ed from a uni­ver­sal­ism that refers both to the geo­graph­i­cal and his­tor­i­cal uni­verse and to the orig­i­nal­i­ty of the var­i­ous peo­ples who inhab­it the earth.

*

Does the uni­ver­sal under­go the same tri­an­gu­la­tion in Idea, con­cept and name?” Uni­ver­sal” may have an ide­al or con­cep­tu­al mean­ing, but can­not be applied with­out con­tra­dic­tion to the indi­vid­ual. It there­fore seems prefer­able to dis­tin­guish between the “abstract” and the “con­crete” universal.

Abstract­ly uni­ver­sal is what is ide­al­ly and in prin­ci­ple valid for all, or valid for all and bind­ing on all. What is actu­al­ly uni­ver­sal is what is actu­al­ly the case for every­one, in the space of the world and in the time of his­to­ry. The uni­ver­sal is there­fore not con­fused with a cur­rent­ly num­ber­able total­i­ty capa­ble of cer­tain acts, as would uni­ver­sal suf­frage; nor with the knowl­edge of gen­er­al­i­ty, for exam­ple the sex­u­al­i­ty of all “ani­mals”.

here again, a more detailed analy­sis would show the gap in gen­er­al­i­ty as a total­i­ty with­out excep­tion, and a gen­er­al­i­ty as a set of gen­der-relat­ed facts.

WHAT ABOUT THE UNIVERSALITY OF HUMAN RIGHTS?

Let us begin by denounc­ing a con­stant and seri­ous con­fu­sion. What we are talk­ing about is divid­ed into two problems:

(a) The uni­ver­sal­i­ty of the Dec­la­ra­tion of Human Rights and (b) the uni­ver­sal­i­ty of the rights proclaimed.
In what sense is it a “uni­ver­sal” dec­la­ra­tion? In the sense that it emanates from a source of law — a Repub­lic — which, itself tak­ing its source in a Rea­son deployed in a “uni­ver­sal order” (in oikumènè said the Sto­ics), attrib­ut­es itself a uni­ver­sal valid­i­ty and com­pe­tence. We have gone from a par­tic­u­lar Repub­lic to an Orga­ni­za­tion that says it is and wants to be uni­ver­sal, and thus from the Cit­i­zen to Man. The Uni­ver­sal Dec­la­ra­tion was trans­formed first into a Nation­al Assem­bly and then into the Unit­ed Nations — which is intend­ed to “rep­re­sent” a uni­ver­sal Repub­lic. But does this uni­ver­sal­i­ty of prin­ci­ple of the Dec­la­ra­tion have an impact on human rights?

“Uni­ver­sal procla­ma­tion” essen­tial­ly means that human rights must be rec­og­nized and respect­ed by all, States and indi­vid­u­als. But even though the procla­ma­tion is uni­ver­sal, it nev­er amounts to an insti­tu­tion of these Rights. Human rights are nat­ur­al rights, rights relat­ing to the human­i­ty of mankind. But in what sense are they rights?

*

It is not enough to say that they are innate rights and not cre­at­ed; that they require uncon­di­tion­al recog­ni­tion for a human com­mu­ni­ty to be cre­at­ed and become aware of the con­di­tions of its duration.

How­ev­er, it must be rec­og­nized that if recog­ni­tion is con­sti­tu­tive of the com­mu­ni­ty, it is because each one is rec­og­nized as need­ing to be pro­tect­ed from the oth­er. Homo homi­ni lupus. It is from this state of nature — of sec­ond nature, Pas­cal would say — that nat­ur­al law was born, and it is this pro­tec­tive recog­ni­tion that can and must be cod­i­fied in order for a right to be born from an effec­tive state of nature. It will be cod­i­fied by cus­tom and then pre­cise­ly by the legislator.

Sus­tain­able in its tra­di­tion or cod­i­fied in the strict sense of the term, nat­ur­al law is first and fore­most a uni­ver­sal net­work of pro­tec­tions that are part of a right to be before we talk about a right to do.To approach human rights as such, it is there­fore nec­es­sary to aban­don the image of the world cit­i­zen; it is nec­es­sary to move from the recog­ni­tion of rights to the law as recog­ni­tion; it is final­ly nec­es­sary to move towards the idea of pro­tec­tive law to progress towards the idea of a spir­i­tu­al dimen­sion of uni­ver­sal­i­ty, that is, a first form of “catholic­i­ty” undoubt­ed­ly re-asso­ci­at­ed with the oikumene of the Stoics.

THE “CATHOLICITY” TAKEN IN ITS FIRST SENSE.

Kata holon, through every­thing: this refers to the breath of the spir­it. This “breath” I find in the term “inspi­ra­tion”. There is no human­i­ty except where the same spir­it blows, and it can be said that “human rights” or the famous “right to be a man” (Jeanne Her­sch), will only be effec­tive­ly uni­ver­sal when they are pro­claimed by all reli­gions as rep­re­sen­ta­tives of the Spirit.

States are works of rea­son, and rea­son alone will always fall back on the tri­par­ti­tion that ani­mates and struc­tures the quar­rel of uni­ver­sals: the idea of a sin­gle All-inclu­sive; the con­cept of the Cit­i­zen thought out­side the region­al and indi­vid­ual par­tic­u­lar­i­ties; the man sub­li­mat­ed in his sin­gu­lar par­tic­u­lar­i­ty, at the anar­chist lim­it. On the oth­er hand, this “catholic­i­ty” will respect these three aspects of man with­out oppos­ing them in dif­fer­ent sys­tems of thought. Thus, Aris­to­tle, in advo­cat­ing a state that is simul­ta­ne­ous­ly monar­chi­cal in its author­i­ty, aris­to­crat­ic in its admin­is­tra­tion, and demo­c­ra­t­ic in its appli­ca­tion, is think­ing about what an inspired pol­i­cy can be. There, let us say, human rights are real­ly respectable.

The Dec­la­ra­tion of Human Rights can only sol­em­nize the recog­ni­tion of the exis­tence of human rights; it has not insti­tut­ed any­thing, but it has con­crete­ly pro­mot­ed the cre­ation of mate­r­i­al and moral con­di­tions, nec­es­sary and insuf­fi­cient, so that rights, unknown for lack of means to exer­cise them, can be revealed. This is the nobil­i­ty of the human­i­tar­i­an sec­tor, which has been organ­ised in the wake of the Dec­la­ra­tion of Human Rights, but which draws its strength from elsewhere.

FOR A CREATIVE TRADITION.

The uni­ver­sal is nei­ther the One who denies the Oth­er, nor the whole who sac­ri­fices the par­tic­u­lar: it is the unus ver­sus alia, and it is this ver­sus the one that under­lies a the­o­ry and prac­tice of rec­og­nized rights and duties assumed.

The uni­ver­sal is all togeth­er three things: the unique of the same arch and the same telos, a con­cept that makes it pos­si­ble to assign time and space to a cat­e­go­ry of being, which allows the indi­vid­ual to both iso­late him­self and not take him­self as alone of his species.

The uni­ver­sal­i­ty of rights must be a con­crete uni­ver­sal and not an abstract uni­ver­sal. It is only in the con­crete­ness of time and space that this right can have a valid­i­ty called uni­ver­sal. Not because it will be imper­a­tive­ly applied every­where and at all times, but because in the space of the world and in the time of men’s his­to­ry, women gath­ered in believ­ing and act­ing com­mu­ni­ties will have learned that they, that they have the right to health, the right to edu­ca­tion, the right to law. How­ev­er, it is here that Tra­di­tion plays a cru­cial role.

Access to this “knowl­edge” is not a mat­ter of Sci­ence and Progress, but of respect for “tra­di­tions” as uni­ver­sal and con­crete modal­i­ties for the trans­mis­sion of health recipes, meth­ods of edu­ca­tion, habit­u­a­tion to the right: to rights and duties.

Progress is about the abstract uni­ver­sal, tra­di­tions are about the con­crete uni­ver­sal and exem­plary con­quests, where­as they have been made the refuge of the past. Respect for human rights requires respect for liv­ing tra­di­tions, which are both car­ri­ers of mem­o­ry and irre­place­able compasses.

Unfor­tu­nate­ly, it is almost impos­si­ble today to talk about tra­di­tion with­out cre­at­ing quar­rels and mis­un­der­stand­ings. We know that the tra­di­tion­al treat­ment of women in the East, to take just this obvi­ous exam­ple, is too often despi­ca­ble and tra­di­tion­al. Female cir­cum­ci­sion is despi­ca­ble and tra­di­tion­al and has noth­ing in com­mon with Jew­ish cir­cum­ci­sion. It can­not be invoked, nor any “rev­e­la­tion” what­so­ev­er, to chal­lenge wom­en’s right to think of them­selves always as sub­jects and nev­er as objects. This human­ist prin­ci­ple, although for­mu­lat­ed by Kant, a Euro­pean philoso­pher, writ­ing in a par­tic­u­lar lan­guage, has uni­ver­sal valid­i­ty. On the oth­er hand, isn’t tra­di­tion­al East­ern hos­pi­tal­i­ty the local trans­la­tion of a more uni­ver­sal prin­ci­ple of pro­tec­tive friendship?

*************

The reli­gious foun­da­tion of this state of affairs in the East is obvi­ous. But is it deci­sive? It is in the face of this ques­tion that it is urgent that all reli­gions togeth­er recov­er the breath of the puri­fy­ing inspi­ra­tion of cor­rupt tra­di­tions, thus ensur­ing that Human Rights are firm­ly root­ed in them and link­ing their dec­la­ra­tion to a uni­ver­sal, ecu­meni­cal Human­ism: in the ser­vice of Man — man and woman — and to the glo­ry of God.

 

 

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